Début 1944, les occupants allemands ont ordonné aux mairies le ramassage des postes de radio. M. J. Moreau (radio-électricien domicilié rue Brébion) fut désigné pour cette tâche.

En échange de leur poste de radio, les habitants recevaient un reçu avec la désignation complète de leur poste... Pour compenser (!) le manque d’informations, il fut installé un haut-parleur au-dessus de la porte d’entrée de la mairie, qui diffusait en fin de journée le bulletin d’informations de la radio « officielle ».

M. J. Moreau, dans sa collecte, avait apporté son poste... plutôt un poste hors d’usage (!) ainsi qu’un autre dans le même état au nom de la famille Mauconduit. Le poste de radio, en bon état de marche, de la famille Mauconduit, boulanger Grande Rue, avait été dissimulé par son propriétaire dans la salle à farine. C’est ainsi que quelques amis sûrs pouvaient suivre sur la BBC la progression des troupes alliées en Normandie. Un soir, les informations étaient plus complètes et M. J. Moreau, quelques notes glissées dans la poche-poitrine de sa veste, se dirige à vélo vers Saint-Aubin-Epinay où il était « réfugié » avec sa famille, redoutant un bombardement du viaduc. En arrivant à l’entrée de Saint-Aubin, l’armée allemande occupait une grande maison sur la droite (aujourd’hui le Foyer du Val d’Aubette) où une pancarte indiquait : « ICI, LES COMMANDANT DE LA VILLAGE ».

Une sentinelle allemande arrête M. J. Moreau et lui dit : « Vous savez jusqu’à quelle heure vous avez le droit de circuler ? ». « Oui, 20 h 30 » et le soldat lui dit alors : « eh bien... il est 20 h 35 ». La fouille commençait, en oubliant heureusement la poche-poitrine de la veste. D’un grand : « Raoust », ils lui ordonnèrent de partir. Ce qu’il fit sans courir pour éviter les balles tirées sur ceux qui courent pour s’enfuir.

Témoignage de Michel Moreau

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N°132 Archives