Comité des Sages

Il y a 80 ans, depuis que la guerre est déclarée avec l'Allemagne (septembre 1939), nos soldats sont mobilisés sur les frontières du Nord et de l'Est, dans une « drôle de guerre ». En mai, l'ennemi enfonce le front avec son offensive-éclair. La panique s'empare d'une bonne partie de la population qui, encouragée par les autorités, s'enfuit vers le Sud : c'est l'EXODE.

Une réfugiée bourdenysienne de 61 ans, Ernestine ROZE, meurt à Campigny (près de Pont-Audemer) le 13 juin 1940, probablement victime d'un mitraillage de civils par la Luftwaffe.

Le 18 juin, le conseil municipal prend des dispositions d'urgence pour assurer le ravitaillement de la population : achat de légumes secs, vente de volailles et lapins abandonnés, secours aux ouvriers sans ressources, rations de pain, coupes de bois (anticipation de la pénurie de charbon pour l'hiver).

Un fait divers dont on a peu parlé en 1944 s’est produit vers 16 heures à Saint-Jacques-sur-Darnétal.

Récit des faits par les témoins : «Michel Lesage, 20 ans, se dirige à vélo en direction de Saint-Jacques et fait la rencontre d’une colonne SS alors qu’il «visitait» un camion allemand en panne sur le bord de la route. Pour ne pas être retenu par les allemands, le jeune homme s’enfuit et se cache dans une ferme située au lieu-dit La Loge aux Pauvres. Les Allemands à sa poursuite, encerclent les maisons, fouillent l’endroit où il se cache, le font sortir de l’habitation, l’appuient contre le mur de la ferme et lui disent : «Camarade kapout». Sentant sa vie en danger, Michel Lesage s’échappe de nouveau et pénètre dans l’arrière-cuisine de la maison. Par la suite, plusieurs coups de feu éclatent et les Allemands sortent le corps sans vie du jeune homme».

Les « agents municipaux » voient le jour après la Révolution de 1789. Ils sont élus pour deux ans, au suffrage masculin direct, parmi ceux payant un impôt au moins égal à trois jours de travail (suffrage censitaire). La Constitution du 5 Fructidor, An III (22 août 1795) crée les municipalités cantonales : Saint-Léger est alors « rattachée » à celle de Saint-Jacques-sur-Darnétal... jusqu’en 1799.

Depuis le Consulat, puis le Premier Empire, les maires et adjoints sont nommés par le Préfet. Le maire est seul chargé d’administrer la commune : jusqu’en 1867, il ne consulte les autres membres du Conseil... que s’il le juge utile !

Le 18 mars 1918, M. Ostermann, adjoint remplaçant le maire mobilisé (Eugène Lavoisier), prend un arrêté relatif aux mesures de sécurité contre les bombardements aériens.

Le 25 août 1918, le conseil municipal vote une gratification à M. Avenel, garde-rivière. On y apprend que le curage de l'Aubette a été fait "dans de bonnes conditions, par les prisonniers de guerre du dépôt de Saint-Aubin-Epinay" (ancienne usine Stackler, aujourd'hui centre Saint-Romain).

Le 25 août 1918 également, le conseil diffère la pose d'une plaque à la mémoire des soldats morts pour la France, "la liste en étant malheureusement provisoire".

Château Waddington

Le 20 janvier 1857, à 11 heures, en la mairie de Saint-Léger-du-Bourg-Denis (à côté du parc George-Sand), Charles, Edouard, Julius BUNSEN et Mary Isabella WADDINGTON échangeaient leurs consentements, devant Prosper BOULANGER, maire depuis 1842 (dont la maison de famille fait actuellement l’objet d’un programme immobilier).

LE PREMIER :

Le 2 août 1914, le caporal Jules André Peugeot, du 44ème Régiment d'Infanterie, est chargé d'intercepter un détachement du 5ème Régiment de Chasseurs à cheval allemand qui a pénétré en territoire français, à Joncherey (Territoire de Belfort). Le sous-lieutenant Mayer, commandant le détachement allemand, tire trois fois en direction du caporal Peugeot, lequel riposte et atteint le cavalier au ventre ; mais la deuxième balle allemande a mortellement blessé le caporal, qui meurt vers 10 heures.

Le caporal Peugeot sera le premier mort militaire français et le sous-lieutenant Mayer le premier allemand, ”l'incident de Joncherey” s'étant déroulé la veille de la déclaration de guerre par l'Allemagne (le 3 août). Les deux hommes avaient l'un 21 ans, l'autre 22 ans.

Début 1944, les occupants allemands ont ordonné aux mairies le ramassage des postes de radio. M. J. Moreau (radio-électricien domicilié rue Brébion) fut désigné pour cette tâche.

En échange de leur poste de radio, les habitants recevaient un reçu avec la désignation complète de leur poste... Pour compenser (!) le manque d’informations, il fut installé un haut-parleur au-dessus de la porte d’entrée de la mairie, qui diffusait en fin de journée le bulletin d’informations de la radio « officielle ».

Nous avons tous appris à l'école que, le 11 Novembre 1918, les plénipotentiaires allemands ont signé, dans le wagon de Foch, installé dans la clairière de Rethondes, à Compiègne, la capitulation sans condition de l'Allemagne, et l'arrêt de tous les combats sur tous les fronts, à 11 heures. Foch représentait les alliés (France, Angleterre, Etats-Unis). Mais qu'en est-il de la commémoration de ce 11 Novembre ?

Les premières commémorations de la victoire ont lieu le 14 Juillet 1919 ; mais elles ont un goût amer, à cause de nos 1.400.000 morts et de nos plus de 4 millions de blessés.

René Plaisant (1915-1944)

1944 : l’année terrible et aussi de la délivrance.

L’école de garçons, à côté de la mairie (face à l’usine Lavoisier) est fermée, les classes se font rue de l’Eglise. Plusieurs centaines d’abris sont constitués, dans les caves de maisons et dans la colline Nord.La commune compte 45 prisonniers de guerre recensés, auxquels s’ajoutent les requis du S.T.O. en Allemagne (Service du Travail Obligatoire), les déportés et les résistants clandestins. En mai, suite à une bataille aérienne dans le ciel de Rouen, une portière d’avion et un parachutiste allemand tombent à Saint-Léger ; ce dernier est soigné au café Capron et emmené par les Feldgendarmes. Le 25 août, les allemands dynamitent le viaduc de chemin de fer de Darnétal, occasionnant des très gros dégâts à Saint-Léger.

Réfugiés Belges en 1914

Au moment où notre commune s'honore d'accueillir une famille de réfugiés, rappelons quelques épisodes de la solidarité locale, cent ans après la première guerre mondiale. Saint-Léger comptait alors 1498 habitants (recensement de 1911), moins de la moitié du chiffre actuel ; 156 hommes furent mobilisés, dont 59 perdirent la vie à l'occasion du conflit. Le recensement de 1921 arrête un chiffre inférieur à celui de 1911, soit 1481 habitants.

Monument aux morts

1919 suit immédiatement l’armistice du 11 novembre 1918, à 11 heures. Cette année-là, de nombreux soldats restent considérés comme disparus, surtout ceux décédés au début de la guerre, dont les jugements déclaratifs de décès ne parviendront en mairie qu’échelonnés de 1919 à 1922.

Agenda des manifestations

Publications

Bien Vivre à Saint-Léger

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N°132 Archives